Sandras et Collin de Plancy. Histoire des fantômes et des démons qui se sont montrés parmi les hommes, ou choix d’anecdotes et de contes, de faits merveilleux… Revenans,… , Vampires… Par Mme Gabrielle de P*****, Paris, Locard et Davi, Mongie, Delaunay, 1819. viii, 240 p. Frontispice. Relié avec (et après) : Les Fredaines du diable. Paris, Merlin, 1797. 216 p. et 1 ff. n. ch. (errata). Basane, tranches marbrées (reliure de l’époque). Bon exemplaire. Coiffe supérieure restaurée, petit manque de cuir au premier plat, rousseurs aux trois premiers feuillets, quelques manques angulaires ou en marge, notamment au premier faux-titre. Quelques autres rousseurs ou taches mais le papier est globalement bien conservé. Ex-libris C. J. Louis Morel de Voleine
vendu
Intéressante réunion de ces deux recueils. Il existe plus d’une dizaine de compilations de ce type, la plupart entre la fin du XVIIIe siècle et le premier quart du XIXe. Se copiant à l’occasion, elles ont en commun de proposer, entre autres, de nombreuses histoires de revenants, souvent extraites de traités anciens tels que celui de Calmet sur les vampires, mais adaptées à une lecture plaisante : écriture plus littéraire, création d’un titre, séparation des pièces et mise en page aérée… Ces récits, s’ils n’ont pas véritablement le statut de textes littéraires, constituent quoi qu’il en soit l’ouverture de la littérature à des sujets relevant initialement des traités démonologiques. Les Fredaines du diable pourrait être la plus ancienne. L’Histoire des fantômes et des démons… est la première à inclure le mot « vampire » au titre (mais le thème avait déjà été exploité dans Spectriana, en 1817). Elle est sans doute due, au moins en grande partie, à Collin de Plancy.
Le premier recueil est généralement attribué à Courtilz De Sandras mais il s’agit nécessairement d’une erreur, puisque l’auteur de la préface affirme que Sandras (celui auquel il se réfère) est né au début du 18e siècle et qu’il était picard, alors que Courtilz vit le jour en 1644 à Montargis, dans le Loiret. Cet ouvrage contient notamment, sous le titre « Le Succube de Lyon », l’histoire de Thibaud de la Jacquière, tirée de l’une des « histoires tragiques » de François de Rosset (1613), laquelle est elle-même basée sur deux canards parus début 1613. Cette histoire se trouve sous des formes assez similaires dans d’autres livres de l’époque, dont Infernaliana (1822) et Dix journées de la vie d’Alphonse van Worden (Potocki, 1814 – il s’agit d’une partie du Manuscrit trouvé à Saragosse).







