[Anonyme]. [Bête du Gévaudan]. Figure de la bête féroce. Feuille de colportage, 197×328 mm (155×85 pour le dessin). Avec Permission. Petits manques, taches. Provenance : cachet « G.H. »

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Feuillet d’époque se rapportant à la bête du Gévaudan, qui se manifesta de 1764 à 1767. Il est question de l’attaque d’une mère et ses trois enfants : « le 14. du mois d’avril [1765] une Femme du Rouget étant vers le midi avec trois de ses Enfans, sur le bord de son jardin, fut attaquée brusquement par la Bête féroce, qui se jetta sur le né de ces Enfant, âgé de dix ans lequel tenoit entre ses bras le plus jeune, encore à la mamelle. La mère épouvantée à la au secours de ces Enfans, et les arrachât tour-à-tour de la gueule de cet Animal qui lors qu’on lui en otoit un se saisissoit de l’autre : c’étoit sur tout le plus jeune qu’il attaquoit avec le plus d’acharnement dans ce combat, qui dura quelques minutes, cette Femme courageuse reçut, ainsi que ses deux Enfans, plusieurs coups de tête de l’animal qui déchira et mit en l’ambeaux leurs vêtemens. Enfin voiant qu’on lui en levoit ces deux proyes. La bête féroce alla se jetter avec fureur sur le troisième Enfant, âgé d’environ six ans qu’elle n’avoit pas encore attaqué et dont elle engloutit la tête dans sa gueule. La mere accourut pour le défendre : Après avoir fait des efforts inutiles pour arreter cet Animal, elle monta à Califourchon sur son dos […] elle fut obligée de là cher pris et de laisser son Enfant à la merci du Monstre. Dans ce moment un Berger… »

La bête est ensuite décrite : « museau d’un Lion, la tête fort grosse enrichie d’une Corne […] le dos rayé de noir […] il se dresse sur ses pâtes de derrière […] On a fait des Prieres publiques dans toutes les Paroisses de cette Province. » Le document s’achève par une complainte : « Venez Chretiens approché je vous prie / Pour bien entendre ce triste résis, / D’une Bête qui par sa furie / Desols entierrement un pays, / Ce dans la France que sans doutance / A Gévaudan ils ont bien de tourment […] »

A notre connaissance, les feuilles de colportage (françaises) concernant la bête du Gévaudan sont toutes extrêmement rares. Il est exceptionnel d’en rencontrer. Celle-ci est inconnue de François Fabre qui recense pourtant beaucoup de documents (La Bête du Gévaudan, 1930). Jean Richard, qui compléta ultérieurement la liste de Fabre l’ignorait également. Pas à la BNF ni au Catalogue Collectif de France.

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