ANTOINE, A. Les petits peureux corrigés ; ouvrage destiné à prémunir les enfans contre toute idée d’apparitions, de revenans, de fantômes ; et à leur inspirer le courage nécessaire dans les événements qui paraissent surnaturels. Paris. A la librairie d’éducation de pierre Blanchard, 1818. In-18, veau raciné, roulette dorée en encadrement, roulette intérieure, dos lisse orné, pièce de titre verte, tranche dorées (reliure de l’époque). Coiffe supérieure rognée, cuir recollé, haut des mors fendus, coins un peu émoussés, reliure manipulée. Exemplaire néanmoins très correct. 3 ff et 173 p., 5 gravures et vignette titre. 132×78 mm.
140 euros
La première édition véritablement illustrée
Deuxième édition, suivie de cinq autres en 1820, 1823, 1828, 1834 et 1836 ; l’originale parut quant à elle en 1813. Sur la page de garde : « Ce livre a été donné à Auguste Doléant le 1er janvier 1824. Par mon cousin Bodinier fils demeurant au gros caillou. N° 62 Blanchisseur ».
L’auteur annonce dans la préface : « Comme il est presque impossible aux parens les plus sages et même les plus attentifs de garantir leurs enfans des discours d’une servante imbécille (sic), ou des récits d’une imagination malade, c’est donc à la raison qu’il faut avoir recours… » Il se propose d’aider les parents à éviter l’enracinement d’idées absurdes dans la tête de leurs enfants, en contant, sous forme de conversations entre Monsieur le curé, des enfants et des adultes, des histoires merveilleuses pour lesquelles des explications rationnelles sont données.
Tant par les textes que par l’illustration, Les petits peureux corrigés est une sorte de version pour enfants des Démoniana et autre Livre des prodiges. On y trouve en particulier des récits issus de traités démonologiques. Nous ne connaissons aucun autre ouvrage de ce type mais le personnage du vampire fut néanmoins mis à contribution en 1832 dans Le Grand-père, livre de lecture à l’usage des écoles primaires, de Jeanne-Justine Fouqueau de Pussy (1832).
L’édition originale des Petits peureux s’intitulait Histoires merveilleuses ou les petits peureux corrigés. A notre connaissance, elle comporte en tout et pour tout une seule gravure (six pour notre édition) : un frontispice. Celui-ci illustre le même passage que le nôtre mais les deux dessins sont différents.
L’éditeur fit également paraître Les accidens de l’enfance, un recueil illustré, « utile et amusant » (en réalité très effrayant), destiné à « détourner les enfants des actions qui leur seraient nuisibles ».




