BILFINGER (Georg Bernhard). Elementa physices. Accedunt eiusdem Meditationes mathematico-physicae in Commentariis Acad. scient. Imper. Petropolit. obviae cum Disquisitione de vampyris. Lipsiae, impensis Richterianis, 1742. In-8, [8] f., 144, 272 p., pl., broché, couverture muette d’attente, entièrement non rogné, étiquette. Exemplaire tel que paru, non coupé, en excellent état intérieur malgré deux légers défauts décrits ci-après. Manque de papier au dos avec atteinte à l’étiquette, ainsi qu’au second plat (petits trous), couverture salie, mors supérieur un peu fendu. Taches et petits trous en marge de la page de titre, mouillure de très faible ampleur, discrète, à partir de la p. 239. L’illustration relative à la physique se compose de 9 planches dépliantes gravées sur cuivre. 110×170 mm

2100 euros

Édition originale de cet ouvrage regroupant divers travaux du philosophe, scientifique et professeur de théologie allemand, G. B. Bilfinger (1693-1750). L’un d’entre eux, intitulé Disquisitione de vampyris, est consacré au vampirisme (p. 258-272).

Rappelons qu’après sa révélation à l’Europe occidentale en 1732, le vampirisme fit l’objet d’intenses débats en Allemagne. Outre des articles de presse, des passages ou des chapitres sur le sujet dans différents types de publications, près de vingt ouvrages consacrés au sujet y furent publiés. Une douzaine parurent la même année, puis l’intérêt faiblit très rapidement : on en dénombre deux en 1733, une en 1734 et une poignée au cours des décennies suivantes.

D’après Ádám Mézes, Bilfinger pourrait avoir rédigé sa Disquisitione de vampyris, que l’on peut considérer comme une courte monographie, dans les années 1730. Il était alors le conseiller privé du Prince Charles-Alexandre de Wurtemberg, qui dirigeait le Royaume de Serbie depuis le traité de paix de Passarowitz. Les autres textes réunis dans ce recueil datent en tout cas de la période 1725-1731.

Comme l’explique A. Faivre, Bilfinger, qui était un disciple du philosophe Christian Wolff, développe un point de vue rationaliste comparable à celui de Harenberg ; il rejette notamment l’idée du rôle de l’esprit astral dans le vampirisme.

Notons que le Prince de Wurtemberg prit part à l’enquête sur les événements de 1725 (cf Ádám Mézes) et que c’est certainement lui qui transmit le Visum et Repertum au roi de Prusse Frédéric-Guillaume Ier, lequel le communiqua à la Société royale des sciences de Prusse et demanda que l’on en fît une étude d’expertise (Faivre). Calmet rapporte que dans le cadre d’une mission qui lui avait été confiée par l’empereur* Charles VI, il se serait même rendu en personne dans un village serbe, où sévissait un vampire. Il mourut en 1737.

Antoine Faivre : Colloque de Cerisy, pages 50-51 et 54. Calmet : pages 54-58 de l’édition de 1749. Ádám Mézes : Doubt and diagnosis: Medical experts and the returning dead of the southern Habsburg borderland (1718-1766) – Budapest, 2019 ; pages 265 et 163. Certaines informations de cette fiche figurent déjà dans celle du Visum et Repertum. Voir également la fiche concernant Harenberg.

Nous n’avons pu trouver qu’un autre exemplaire passé en vente – le 10 juin 2004, chez Sotheby’s.

* Celui-ci porta en effet un grand intérêt aux événements de 1732 : il demanda par exemple à un célèbre professeur de médecine, directeur d’une revue scientifique, de prendre position sur le problème des vampires. (Faivre)

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