[Andersen (Hans Christian)] ; Marmier, Xavier. Chants populaires du Nord. Paris, Charpentier, 1842. Reliure demi-chagrin (J. B. Gilabert, Málaga). Faux-titre, titre, LVI, 331 p. Coupes frottées, faux-titre et titre entièrement roussis (comme pour d’autres exemplaires). Rousseurs. Exemplaire convenable.
35 euros
L’introduction d’Andersen en France : deux poèmes, dont un inédit.
Cet ouvrage qui bénéficie d’une longue introduction se décline en trois parties : les poésies anciennes (Islande, Féroé, Danemark, Suède), nouvelles (Danemark, Norvège, Suède, Finlande) et enfin les Imitations en vers. La deuxième partie contient un inédit d’Andersen, Le crépuscule du soir (p. 277). Dans la dernière, figure le poème L’enfant mourant, également d’Andersen (p. 317). C’est Xavier Marmier qui introduisit le conteur danois en France, avec un article dans la Revue de Paris. Cette communication de quelques pages qui se terminait par cette traduction de L’enfant mourant reparut en 1839 dans Histoire de la littérature en Danemark et en Suède. Notons cependant qu’Andersen fut d’abord connu en Allemagne* avant d’être introduit en France où, à notre connaissance, les premières traductions de ses contes parurent à partir de 1848.**
L’enfant mourant, avait été traduit dès 1827 outre-Rhin. Il existe deux versions françaises de ce poème antérieures à celle de Marmier, mais, selon Poul Høybye, elles ont disparu sans laisser de traces (H.C. Andersen og Frankrig, 1952).
Notons enfin que certains textes sont basés sur des thèmes plus ou moins fantastiques ; c’est le cas du Revenant de Hedeby et du Retour d’une mère que Marmier inscrit dans un cadre universel, celui de « l’homme condamné à mourir, qui ne veut point mourir entièrement ».
* Le premier recueil de traductions y paraît en 1839 (1846 pour l’Angleterre)
** Sous toutes réserves car nous incluons la presse dont l’exploration est assez difficile (or nous n’avons pas eu le loisir de chercher de façon approfondie). La plus ancienne traduction que nous ayons trouvé est une pré-originale de l’un des contes du recueil publié par Caralp (Morizot, 1848) : elle figure dans un journal, en janvier. Poul Høybye ne le signale pas et il ignore également la publication de L’Ange dans la Revue de Paris, en août 1848 (fiche suivante). Cela étant il précise clairement n’avoir pu s’attarder sur les publications de la presse ; il n’a d’ailleurs pas connaissance non plus de la première publication de La Reine des neiges (en 1855 dans la Revue de Paris). Ainsi, un travail reste à faire pour évaluer plus précisément l’introduction des contes d’Andersen en France. Rappelons enfin que les premiers recueils furent établis à partir de traductions allemandes.





