Dessin d’après Rembrandt, intitulé Le Docteur Faust. Il est signé et daté : Olivier de Wismes, Fecit, octobre 1834. 162×218 mm
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Ce beau dessin à l’encre sépia exécuté par De Wismes (1814-1887) imite la célèbre scène conçue en 1652 par Rembrandt et reprise en 1790 par Goethe pour illustrer son Faust.*
Cependant, De Wismes a ajouté dans l’ombre de la pièce des figures plus ou moins inquiétantes et quelques monstres.
On ignore ce qu’a voulu représenter Rembrandt, la figure de Faust n’étant qu’une possibilité parmi d’autres. La question a fait l’objet de diverses hypothèses, depuis le 17e siècle jusqu’à nos jours :
La scène « représente avant tout un personnage, sans doute un chercheur – ce que l’on peut déduire des objets qui l’entourent : livres, documents et instruments scientifiques – surpris par l’apparition d’une forme lumineuse devant la fenêtre. […] Parmi les diverses interprétations qui ont été données de l’estampe figure en premier lieu celle qui apparaît dans l’inventaire des planches de Rembrandt que possédait Clément de Jonghe, inventaire établi en 1679 dans lequel elle est mentionnée comme Practisierende Alchemist (Alchimiste au travail) ; mais les objets qui permettraient de l’identifier comme tel – éprouvettes, feu, etc. – ne figurent pas sur l’estampe. En revanche, une sphère, peut-être céleste, occupe une place de choix. Dans l’inventaire des estampes que possédait Valerius Röver, établi en 1731, cette estampe est signalée sous le titre Docteur Faust, que l’on retrouve dans le catalogue de la vente aux enchères Huls de 1735. En 1751, Gersaint la reprend dans son catalogue raisonné, le premier que l’on fit des gravures de Rembrandt, comme Portrait d’un philosophe ou docteur, connu en Hollande sous le nom de Dr Fautrieus, consacrant ainsi cette appellation, approuvée depuis qu’en 1790. Goethe a illustré la couverture de son œuvre homonyme avec une copie de cette estampe. Il n’est sans doute pas inutile de rappeler qu’on a retrouvé des versions plus anciennes de la légende de Faust, dont Rembrandt a pu avoir connaissance. En effet, en 1650 fut représentée à Amsterdam une traduction hollandaise de la Tragique Histoire du Docteur Faust, de Marlowe, dans laquelle un ange, sous la forme d’un être lumineux, apparaissait à Faust pour lui dire de ne pas signer de pacte avec le diable. […] Toutefois, comme l’estampe ne correspond pas à la représentation habituelle des personnages principaux du Faust, Van de Waal (1964) a pensé que l’on pouvait identifier le savant avec Faustus Socinus, fondateur de la secte des Sociniens […]. Un autre courant d’interprétation croit voir […] » (source : BNF)
* On la retrouve également dans la deuxième édition de la traduction de Nerval, parue fin 1835, postérieurement au dessin.