[KLINGER (Maximilian)] : Les aventures du docteur Faust et sa descente aux enfers. Traduction de l’Allemand, avec Figures. À Amsterdam chez les Libraires Associés, 1798. In-8, veau raciné, dos lisse orné, pièce de titre noire, tranches mouchetées, filets dorés au-dessus des coiffes et sur les coupes ; discrètes traces de restaurations, petits manques de cuir sur les plats (reliure de l’époque). 165×96 mm. 2 ff n. ch., IV, 430 p. 6 gravures sur cuivre en plus de celle du titre. 165×96 mm. Édition originale française. Fine reliure, bel exemplaire.

3000 euros

Un bel exemplaire

Rappelons que la pérennité du mythe de Faust en Allemagne fut assurée par les écrits magiques, les nombreuses versions sans cesse rééditées du Faustbuch, la transmission des informations concernant le Faust historique dans la littérature imprimée, ainsi que les innombrables représentations théâtrales et autres spectacles de marionnettes inspirés par la pièce de Marlowe. Cela permit qu’une tradition faustienne authentique et ininterrompue prît corps à la fois dans les milieux lettrés et dans l’esprit populaire, entre le seizième et le dix-huitième siècle, incitant la jeune génération de poètes de la période du Sturm und Drang (Tempête et Passion – titre de l’une des œuvres de Klinger) à s’approprier le personnage : Lessing vers 1759, Mahler Müller en 1776 et 1778, Paul Weidman (1775), Lenz (1777) et bien sûr Goethe, qui travailla dès 1773 sur le sujet avant de publier un premier fragment en 1790.

C’est en 1791 que, pour sa part, Klinger fit paraître ce roman philosophique particulièrement remarquable, plus cruel que le Faustbuch dont il reprenait la trame. Il en donna une version amplement remaniée trois ans après.

Les gravures sont très intéressantes ; le titre est gravé par Thoenert d’après J. D. Schubert, les six autres par Boettger d’après Schubert. Elles sont directement inspirées de celles d’éditions allemandes. Il semble que l’auteur ait joué un rôle dans l’élaboration de cette édition (Schulte-Strathaus).

« Enorgueillis-toi d’avoir porté la force de ton génie jusqu’à la démence et au blasphème, pour récompense, les tourments de l’enfer t’attendent. Je suis las et de ton bavardage et de la terre, il est tems de partir, ton rôle ici est fini, et tu en vas commencer un qui ne cessera jamais. Sors de ton cercle et enterre ce malheureux ; ensuite je te saisirai, je dépouillerai ton corps tremblant de ton âme comme on dépouille l’anguille de sa peau, et je disperserai tes membres mutilés dans la plaine, pour inspirer le dégoût et l’horreur aux passants. Faust monta à la potence et détacha la corde du cou de son fils… » (p. 413)

Très rare, dans une telle condition d’époque.

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