LE FANU, Joseph Sheridan. Mon oncle Silas. Paris, Calmann Lévy, 1877. Un volume broché ; couverture imprimée verte. 2 ff., et 362 p. (et 4 ff. publicitaires). 119×186 mm.

Réservé

Édition originale française de ce chef d’œuvre aux réminiscences gothiques, à l’atmosphère étouffante, « roman presque fantastique et pas tout à fait policier » (Jean Lozes), « the finest Victorian mystery novel » selon l’anthologiste américain Everett Franklin Bleiler. La traductrice est Th. Bentzon (pseudonyme de Marie-Thérèse Blanc), mais son nom n’est pas mentionné.

Le Fanu (1814-1873), dont le père était le doyen de l’Église protestante irlandaise, est l’auteur de nombreux contes fantastiques dont les premiers parurent alors qu’il était encore étudiant. Les années qui précédèrent la mort de sa femme, malade, furent très difficiles pour lui et, après le décès de celle-ci en 1858, cet homme naturellement porté vers la solitude commença de vivre en reclus. Il découvrit Swedenborg dont la doctrine lui offrit à la fois réconfort et inspiration dans son travail littéraire, et se consacra presque exclusivement au genre fantastique (voir par exemple les travaux de J. Lozes).

Le Fanu est connu en particulier pour être l’auteur, vingt-cinq ans après Varney the vampyre (1845-1847), de l’une des plus importantes histoires de la littérature vampirique : Carmilla. Uncle Silas parut quant à lui en 1864. L’un des mérites essentiels de cet écrivain, que l’on considère aujourd’hui comme le créateur de la Ghost Story, est d’avoir « introduit dans le conte fantastique l’élément psychologique qui lui faisait défaut », faisant de lui l’un des principaux précurseurs de la littérature fantastique contemporaine (J. Marigny : Le vampire dans la littérature anglo-saxonne, p. 117-118).

Nous connaissons trois tirages ( ?) de cette édition originale, à la date 1877. Le premier comporte une faute d’impression : le texte est complet mais les chapitres IX et XI sont intervertis, sans discontinuité dans la pagination (le problème existait déjà dans la pré-originale de L’Univers illustré). Dans le deuxième (notre exemplaire), cette erreur est rectifiée, il n’y a pas de mention d’édition et la couverture est verte. Celle du troisième tirage est jaune et on y lit : « deuxième édition ». La liste des ouvrages nouveaux au deuxième plat diffère de celle du tirage précédent (la page de titre est quant à elle vierge de toute mention). L’erreur d’impression est rectifiée. Précisons que les deux exemplaires de premier tirage que nous avons examinés étaient reliés sans les couvertures.

Mon Oncle Silas est reparu en 1883 chez le même éditeur, sous le même titre. Cela étant, l’œuvre de Le Fanu a souffert après sa mort d’une certaine désaffection jusqu’à sa redécouverte en 1931 à la faveur d’une étude de S. M. Ellis. Peut-être est-ce pour cette raison qu’aucun autre de ses écrits n’a (à notre connaissance) été traduit en français durant cette période. Cet oubli n’empêcha cependant pas le magazine Lectures pour Tous de reprendre notre traduction fin 1902-début 1903 (sous le titre Le Mystère d’une tutelle, rééditée par Le Visage vert en 1985). Le lecteur français dut en revanche attendre 1936 pour pouvoir lire Carmilla.

Mouillure sur les tout premiers feuillets et sur les soixante dernières pages environ (plus marquées à la fin). Fente d’un cm en haut du mors supérieur. Cachet à l’encre d’un ancien propriétaire sur la première page de texte. Petits manques au dos (en bas à gauche en particulier). Celui-ci est un peu incurvé par ailleurs. Petits manques sur le bas des feuillets du catalogue et sur le feuillet de brochage, mais état très satisfaisant dans l’ensemble.

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