NYNAULD, Jean de. De la Lycanthropie, Transformation, et extase des Sorciers. Paris, Chez Jean Millot, 1615. Édition originale. In-8 (159 x 105 mm). A-O4 : 56 ff. paginés 3-109. Privilège en O4v. Vélin souple (reliure de l’époque). Ex-libris de Mr Le Gras de Bardouville, daté de 1726, sur le contreplat supérieur. Manque de papier au feuillet O1. Vélin du plat inférieur endommagé, une galerie de vers assez discrète en bas, près de la charnière.
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Nynauld, dont on sait peu de choses, est né a priori vers 1588 et a donc publié son traité vers l’âge de 27 ans. Il s’y prétend docteur en médecine, sans que cela puisse être prouvé, mais il semble à peu près certain qu’il a au moins suivi des études médicales.*
Au contraire de Bodin dont il conteste les arguments, Nynauld ne croit pas à la réalité de la transformation d’un homme en loup, « refuge ordinaire des peu versez en la connaissance des causes ». Comme plusieurs autres médecins avant lui, commentant notamment des cas de possession, il invoque la théorie humorale et, ainsi, considère la lycanthropie plutôt du point de vue de la mauvaise santé mentale. Il se démarque donc également des auteurs qui voient dans cette supposée transformation l’effet une illusion diabolique.
Pour Robert Mandrou, ce « petit traité ébranle en fait tout le fond de croyances sur lequel repose la pratique judiciaire traditionnelle : les réfutations opposées à Bodin et à ses épigones ne vaudraient au fond pas seulement pour les hommes-loups, mais pour toutes les opérations qui sont habituellement prêtées aux sorciers, ou au Diable lui-même par leur intermédiaire. Cependant Nynauld ne va pas jusque-là ; il se contente des lycanthropes… » (p.162, Magistrats et sorciers, chapitre « Premières contestations »)
* Jean de Nynauld : De la lycanthropie, transformation et extase des sorciers, édition critique, Frénésie Éditions, 1990.