Révéroni Saint-Cyr, Jacques-Antoine. Pauliska ou la perversité moderne, mémoires récens d’une Polonaise. A Paris, chez Lemierre, Pigoreau, Raphel et Bertrandet, an VII. Deux tomes in-18 en deux volumes, reliés en basane ; tranches mouchetées (époque). Coiffes absentes (petits manques de cuir au dos), mors frottés, fentes (sans gravité) à deux d’entre eux, un coin fragilisé par un choc (mais il tient), quelques frottements. petit manque à une pièce de tomaison. Rousseurs éparses, quelques petits manques marginaux de papier mais bon état intérieur. Faux-titre, titre, 222 et 193 p. Deux frontispices d’après Challiou. 80×128 mm.
800 euros
Deuxième édition de Pauliska, que le Tribunal d’Apollon* qualifia de « roman à la Sade » (cf Oberlé, n° 108, qui précise que parmi les horreurs de ces mémoires se trouve une torture infligée à un des personnages par sa maîtresse à l’aide d’une presse à imprimer). « D’ailleurs, Pauliska n’a rien à envier à Justine, ses infortunes sont aussi nombreuses et complexes. Ne doit-elle pas abandonner mille fois sa vertu pour sauver sa vie ? Une vie que se disputent âprement des vieillards lubriques, des savants pervers promoteurs de machines à sexe, des amazones insatiables, et bien d’autres factionnaires du Mal tel l’effarant baron d’Olnitz qui n’épargne nul outrage charnel ni spirituel à notre héroïne. C’est le cannibale agenouillé de la jolie vignette. “Il m’arrache brusquement un bas, applique ses lèvres sur divers parties de ma jambe et tout à coup m’y mord avec avidité, mais de manière à n’emporter que l’épiderme. Il le place aussitôt, avec un ravissement inexprimable, dans une petite coupe d’or fort mince, l’expose au feu d’une lampe d’esprit de vin, le calcine et l’avale.” Comme son contemporain Choderlos de Laclos, Révéroni fut officier, dans l’artillerie et le génie […] [il] termina sa vie dans un asile d’aliénés – comme le Divin Marquis. » (extrait de la notice de l’exemplaire des Fatidiques de la Librairie Pierre Saunier, n° 172)
L’originale parut l’année précédente, au format in-12. Il semble qu’il n’existe pas d’autre édition ancienne, mais au moins trois virent le jour au XXe siècle, dont une chez Régine Deforges.
* Le Tribunal d’Apollon ou Jugement en dernier ressort de tous les auteurs vivants; Libelle Injurieux, partial et diffamatoire: Par une société de Pygmées littéraires. Paris, Chez Marchand, An VII (1799)





