ROSSET, François de. Les histoires tragiques de nostre temps. Où sont contenuës les morts funestes et lamentables de plusieurs personnes, arrivées par leurs ambitions, amours déréglées, sortilèges, vols, rapines, et par autres accidents divers et mémorables. Composées par François de Rosset, et dédiées A feu Monseigneur le Chevalier de Guise. Seconde Edition reüeue, corrigée et augmentée par l’Autheur. Paris, Fr. Huby, 1614. In-12 : [16]-557 p. 141×77 mm. Demi-maroquin vert olive du 19ème siècle, plats de papier marbré cernés sur la gauche d’un double filet doré, dos fleuronné doré à nerfs (petites usures ; page de titre salie et comportant deux déchirures restaurées ; un manque angulaire sans gravité à un feuillet). Exemplaire de Stanislas de Guaita (N° 915). Ex-libris Daniel Berditchevsky.

vendu

Seul exemplaire en mains privées référencé.

La reliure est typique de celles que l’occultiste faisait exécuter et porte sur une étiquette l’ex libris kabalicis, ainsi que le monogramme S. DE G. au dernier caisson du dos. Un peu en marge des thèmes abordés par cette collection, cet exemplaire a échappé, peut-être pour cette raison, aux investigations décrites dans la notice ci-dessus.

Deux histoires inédites figurent dans cette deuxième édition, portant le total à dix-neuf : Des Barbaries estranges et inouyes d’une Mère dénaturée et De la cruauté d’une femme exercée sur son mary : de sa fin malheureuse, et de celle de son Amoureux. C’est en 1619, peu avant la mort de l’auteur, que ce nombre passera à vingt-trois. Par la suite, le recueil, toujours publié sous le nom de Rosset, verra son volume augmenter par l’intervention d’autres auteurs.

À partir du moment où il existe deux éditions à la date 1614, après l’originale, la question de l’antériorité se pose mais nous n’avons pas de réponse. L’édition de Cambrai comporte en tout quinze histoires [1], toutes extraites de cette originale, et reproduites sans modification. Dans la nôtre, la fin de l’une des nouvelles est différente de celle de la première version, d’où il résulte que l’édition de Cambrai n’est pas établie à partir de celle-ci. Toutefois, cela ne permet pas d’en déduire son antériorité dans la mesure où il s’agit d’une contrefaçon : il est tout à fait possible que le contrefacteur, disposant de l’originale, n’ait pas cherché à se baser sur une autre édition, ou bien qu’il n’ait eu connaissance que tardivement de l’existence de la seconde, donnée par Huby, ou encore que cette dernière soit parue alors que la sienne était sous presse.

De même, le fait que notre édition soit dédiée à feu le Chevalier de Guise, mort le premier juin, et que l’approbation par une instance religieuse de l’édition cambrésienne soit datée du 27 août ne permet pas non plus de conclure.

Nous ne connaissons aucun autre exemplaire de cette édition parisienne que les deux que signale cette chercheuse dans ses articles. USTC n’en mentionne aucun (recherches faites en 2024). Pour l’autre, M. C. indique uniquement celui d’Amiens ; nous en avons repéré un second, conservé à la bibliothèque de Glasgow. Un troisième est passé en vente récemment (Binoche et Giquello ; lot 132 de la vente du 25 mai 2018 : « le seul en mains privées » ; reliure moderne).

[1] De l’horrible et espouvantable sorcelerie de Louys Gofredy Prestre de Marseille et De la mort pitoyable du valereux Lysis ont été supprimées ; cela pourrait s’interpréter comme une attitude prudente de l’éditeur, en lien avec la censure catholique (Actualité et fabrication du tragique…, p. 147 et suivantes).

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