Nodier, Charles. Trilby, ou le Lutin d’Argail. Nouvelle Écossoise. Paris, Ladvocat, 1822. 197 p., 3 ff. non chiffrés (catalogue de l’éditeur). Broché, entièrement non rogné. 105×182 mm. Étui-chemise portant l’ex-libris « Livres Romantiques. M. et H. Hoquette ». Mouillure sur le second plat de la couverture se répercutant uniquement sur le feuillet de brochage. Dos insolé. Mors supérieur fendu sur 2,2 cm. Rousseurs sur certains feuillets. Exemplaire agréable, à grandes marges.
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Édition originale, d’une grande rareté dans sa condition de parution. Certains exemplaires à la date 1822 portent une mention d’édition qui, semble-t-il, n’est pas fictive.
Basé sur le thème du Diable amoureux de Cazotte, Trilby est sans doute le plus beau conte fantastique de Nodier, avec La Fée aux miettes (1832). Pierre-Georges Castex le commente en ces termes : « Après avoir décrit des rêves sombres, peuplés de sorcières, de vampires et autres démons de la nuit [en 1821, dans Smarra], Nodier semble vouloir s’abandonner à des visions plus aimables. Il nous transporte avec Trilby dans une chaumière écossaise hantée par un follet. […] Trilby est, comme Ariel, un génie bienfaisant, au moins dans ses activités ordinaires : il protège la vie du foyer, prend soin de l’étable, remplit de poisson les filets. Nodier s’attarde avec quelque complaisance à ces détails légers, et pare son récit d’une grâce un peu mièvre qui rappelle, par moments, les contes de fées. Pourtant, l’histoire de Trilby n’est pas un conte de fées ordinaire, et si l’on peut, sans grand inconvénient, la donner à lire aux enfants, c’est que les enfants ne sont guère en mesure d’en pénétrer le sens profond. L’allure du récit est plus détendue que dans Smarra, mais l’atmosphère n’est pas moins trouble, et les langueurs de la rêverie peuvent surprendre l’âme plus dangereusement que les affres du cauchemar. […] »
Et, plus loin : « Toute l’âme de Nodier est bien dans ce conte, en effet. Il se déroule à la lisière de deux mondes, et le chevauchement est constant, entre la réalité et le songe. […] “Mille ans ne sont qu’un moment sur la terre pour ceux qui ne doivent jamais se quitter.” » (Le Conte fantastique en France de Nodier à Maupassant, p. 139-141, chapitre « Nodier et ses rêves »)






