Wilde, Oscar. Le Portrait de Dorian Gray. Paris Savine, 1895. Demi-percaline verte (reliure de l’époque). Couvertures conservées (mais pas le dos). 316 p. (118×182 mm). Exemplaire agréable, en partie non rogné (dos insolé ; couvertures un peu salies, tachées, avec deux déchirures recollées au second plat, mais en état globalement satisfaisant. Papier plutôt bien conservé, quoique jauni aux extrémités des marges). Édition originale.

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Édition originale française de ce roman qu’Oscar Wilde publia d’abord dans la presse, en 1890. Craignant la censure en raison des différentes allusions à l’homosexualité, l’éditeur de la revue, J. M. Stoddart, procéda à des coupes sans avertir semble-t-il l’auteur (500 mots en tout). Wilde s’était pourtant déjà auto-censuré en renonçant notamment à un passage où Basil déclare son amour à Dorian. Ces différentes précautions ne suffirent pas : The Picture of Dorian Gray suscita de très vives critiques ; il fut jugé « empoisonné et immoral ». L’originale parut l’année suivante, sans les passages supprimés par l’éditeur, mais l’auteur augmenta le texte, qui passa à 20 chapitres au lieu de 13. Il ajouta aussi la célèbre préface en réponse aux attaques de la presse. Composée d’aphorismes, celle-ci consiste en une sorte de manifeste pour les droits des artistes, en particulier pour celui de pratiquer l’art pour l’art.

Il semble que par la suite, le manuscrit qui avait été soumis à Stoddart soit tombé dans un certain oubli. Quoi qu’il en soit, il fallut attendre 2011 pour que les passages censurés soient livrés pour la première fois au public.

« […] Un artiste est un créateur de belles choses. Révéler l’Art en cachant l’artiste, tel est le but de l’Art. […] Un livre n’est point moral ou immoral. Il est bien ou mal écrit. C’est tout. […] Nous pouvons pardonner à un homme d’avoir fait une chose utile aussi longtemps qu’il ne l’admire pas. La seule excuse d’avoir fait une chose inutile est de l’admirer intensément. L’Art est tout à fait inutile » (préface).

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