CROWE, Catherine : Les côtés obscurs de la nature ou fantomes et voyants, par Mistress Crowe. Traduit de l’anglais par Z. Paris, Leymarie, Editeur, 1900. Un volume, demi chagrin brun à nerfs, couvertures non conservées (reliure de l’époque). VIII, 509 pp, 1 ff. (table). 130×210 mm. Édition originale française.

280 euros

Exemplaire provenant de la Bibliothèque de la Société d’Études Psychiques et Spirites, 10 rue Longue, à Lyon (règlement contrecollé sur un contreplat).

Catherine Crowe (1803-1876), femme de lettres anglaise, commença de publier en 1838. Elle fit paraître en particulier deux romans en 1841 et 1847 où, paraît-il, les horreurs doivent peu au surnaturel, les vols, les meurtres et les enlèvements étant les principaux ingrédients. Inspirée par des écrivains allemands, elle s’intéressa de plus en plus aux sujets relevant du surnaturel, jusqu’à faire paraître en 1848 le curieux recueil dont il est question ici, The Night side of nature, somme de récits, d’accidents et d’observations se rattachant au monde surnaturel, qu’elle tente d’expliquer scientifiquement, c’est-à-dire par le psychisme. Il semble que c’est à cette occasion que le mot allemand Poltergeist apparut la première fois dans une publication. Le livre fut réédité de nombreuses fois.

Très investie dans ses études, on la retrouva, dit-on, nue à Edimbourg, une nuit de février 1854, convaincue que les esprits l’avaient rendue invisible – mais cette histoire est sujette à controverse : elle pourrait être exagérée voire tout simplement fausse ; cela étant, Catherine Crowe, assez déséquilibrée à cette époque, aurait été traitée pour une maladie mentale, avant de reprendre son activité littéraire.

La Revue Britannique traduisit quelques extraits de The night Side en 1852. Peut-être Baudelaire les lut-il puisqu’il reproduisit et traduisit à son tour un passage du livre au début du quatrième chapitre du Salon de 1859, avant de conclure : « Je ne suis pas du tout honteux, mais au contraire très heureux de m’être rencontré avec cette excellente Madame Crowe, de qui j’ai toujours admiré et envié la faculté de croire, aussi développée en elle que chez d’autres la défiance. » On trouve également un extrait de Night Side of Nature dans l’anthologie La Gerbe noire, de Jean Ray.

L’ouvrage contient une préface d’Albert de Rochas qui se termine ainsi : « De là, l’importance des simples recueils de faits, recueils qui deviennent extrêmement précieux quand ils sont, comme celui-ci, parfaitement classés et accompagnés d’observations judicieuses. » Nous ne connaissons pas d’autre traduction ancienne complète, que la nôtre. Autre traduction, ou réédition, en 2023.

Trous d’épingle aux quatre derniers feuillets, des cahiers un peu décalés (reliure manipulée), manque en coin à la deuxième garde volante, dos un peu gauchi, coupes frottées, mais bon exemplaire dont l’intérieur est bien conservé, dans une agréable reliure.

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