Levasseur (François). La Dalmatie ancienne et moderne. Paris, Dentu, 1861. Un volume broché de 2ff., 424 pages, 1 ff. et une carte dépliante. 115×184 mm. Édition originale. Le brochage est fragilisé (dos en partie fendu) mais il est encore assez solide et peut être consolidé aisément. Couverture salie avec petits manques. L’intérieur est quant à lui bien conservé.

550 euros

Édition originale très rare d’une (longue) histoire de vampire presque inconnue…

Ouvrage sur la Dalmatie, écrit par un « ancien fonctionnaire de l’Université », auteur par ailleurs de quelques romans, si l’on en croit les titres déjà parus. Dans son introduction, F. Levasseur traite de la géographie de ce pays, puis des Morlaques (leur origine, leurs moeurs etc.) et discute à cette occasion de leurs superstitions, de leur croyance aux vampires.

Toutefois, cet ouvrage quelque peu hétéroclite nous intéresse ici pour une longue nouvelle : Le Vampire (Vakodlack), où est mis en scène un (« vrai ») mort-vivant (ni illusion, ni supercherie…) Ce récit de cent pages avait déjà fait l’objet d’une publication par l’auteur, du 7 au 23 novembre 1848 dans le quotidien Le Courrier français, sous le titre Le Vakodlak (vampire), mais les deux versions présentent des différences sensibles. Nous n’en avions jamais entendu parler avant de trouver un exemplaire de ce livre (il s’agit de celui-ci : nous n’en avons rencontré aucun autre après l’avoir trouvé, il y a plus de dix ans). L’ouvrage se poursuit par une note : quelques anecdotes issues du traité de Dom Calmet, puis des poésies slaves : Cara-Ali le vampire… ; on retrouve le texte de La Guzla de Mérimée, y compris pour les notes associées. Il figure aussi un autre long récit intitulé La Dalmatie, qui a visiblement pour fonction de permettre à l’auteur d’évoquer cette région.

Rappelons que la littérature vampirique française du XIXe siècle est très loin de se limiter aux titres ou auteurs généralement cités, comme en témoigne la bibliographie que nous avons dressée (ici). Nombre d’auteurs aux noms sans doute peu évocateurs aujourd’hui, dont François Levasseur, ont contribué par des textes souvents remarquables mais ignorés à enrichir la production.

Le Vakodlak (vampire) fait partie des récits se déroulant dans une terre de vampirisme. Ce ne sont peut-être pas les plus nombreux, mais il ne s’agit en aucune façon d’exceptions. Ils sont souvent parus comme ici autour de 1850. On peut citer Le Voukodlak de Léo Joubert (ici), La Dame pâle, d’Alexandre Dumas, ainsi que la pièce Les Monténégrins, coécrite par Gérard de Nerval. Le titre qui ouvre notre bibliographie, Les Morlaques, répond lui aussi à ce critère. Il fut publié en 1788 (voir ici).

La nouvelle est accessible sur internet (l’ouvrage est numérisé sur Google Livres)

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