Ponson du Terrail, Pierre Alexis, vicomte de. La Femme immortelle. Paris, Librairie Internationale, A. Lacroix Verboeckhoven et Cie, à Bruxelles, à Leipzig, à Livourne, 1869. Deux volumes brochés de 318 et 324 p. (122×190 mm) Couvertures défraîchies avec quelques défauts (photos). Les deux premiers feuillets du tome 1 et les trois derniers du tome 2 sont froissés avec des déchirures sans manque. Adhésif au premier faux-titre. Trace de choc sur les tranches. En dehors de ces défauts, l’intérieur des volumes est remarquablement conservé.
700 euros
Édition originale très rare.
Ce roman paru en feuilleton de juin à septembre 1868 est le troisième et dernier qu’Alexis Ponson du Terrail (1829-1871) basa sur le thème du vampire. Les premiers sont La Baronne trépassée (1852) et L’Auberge de la rue des Enfants-Rouges, dont la publication dans La Patrie s’acheva également en 1868, en mars.
La Femme immortelle semble ne pas avoir connu de réédition ancienne ; le stock n’était d’ailleurs pas encore écoulé en 1889 puisqu’à cette date, l’ouvrage était offert en prime aux abonnés du Bon Journal.
Avec Paul Féval et Étienne de Lamothe-Langon, autres écrivains dits* populaires, Ponson du Terrail compte parmi les auteurs français du XIXe siècle ayant le plus souvent mis en jeu le personnage du vampire. En dehors des trois titres déjà cités, il en introduisit un (vrai) dans Les Escholiers de Paris (1866-1867) et il aborda également le thème dans De Paris à Athènes (1850-1851), un prétendu récit de voyage.
Généralement mal connu et habituellement réduit au seul Rocambole, il appartient à la deuxième génération de feuilletonistes, précédé des Sue, Dumas et Féval, dont les premiers titres célèbres parurent une dizaine d’années avant les siens, entre 1842 et 1845. Très loin d’être « un écrivain par hasard, un autodidacte venu à l’écriture sur le tard sans aucune culture générale, prototype que l’on a pu connaître dans les prolifiques années 1850 », il connut un immense succès. Pourtant, il n’échappa pas au mépris attaché à la « littérature industrielle »** et fut l’objet de critiques virulentes, dont certaines, qui relevaient de la pure calomnie, eurent pour effet de lui forger durablement une image négative.
Il écrivit beaucoup et rapidement : quatre-vingts romans et quarante-six contes ou nouvelles publiés dans les journaux en une vingtaine d’années. Et, même s’il était beaucoup plus convaincant avec des romans conçus au rythme normal du romancier, on rencontre, contrairement à ce qu’a pu affirmer la critique de son temps, relayée jusqu’à nos jours, bien peu d’invraisemblances de construction, même dans ses histoires les plus échevelées.
En 1870, il fut amené à prendre les armes contre la Prusse. Blessé et affaibli, il contracta très peu de temps après une maladie dont il mourut le 20 janvier 1871. Il avait 42 ans.
Faute de textes autobiographiques et de documents manuscrits, il nous manque beaucoup de renseignements sur lui, sur de longues périodes de son existence. Son union en 1860 avec Lucile Jarry, issue de la respectable bourgeoisie orléanaise ne fut manifestement pas une source d’épanouissement mais plutôt un mariage de raison dont la motivation était avant tout la recherche d’une position sociale ; son épouse « oubliera » d’ailleurs sa dépouille à Bordeaux et ne la fera revenir à Paris que contrainte et forcée, en 1878.
Cette édition originale est extrêmement difficile à trouver. Un seul exemplaire au Catalogue Collectif de France (Bibliothèque de l’Institut de France – Lovenjoul 32851-32852). Aucun dans les catalogues spécialisés : Loliée, Oberlé, Saunier, Henner… Réédition en 2006 aux Éditions de l’Aube.
Provenance : collection Jean-Pierre Galvan.
Source principale : Alain Fuzellier : Ponson du Terrail, Dictionnaire des œuvres (éditions Encrage, 816 pages) ; ce livre étant paru en 2008, peut-être certaines informations doivent-elles être réactualisées ? Nous l’ignorons.
* « Les deux principaux critères retenus par les spécialistes pour caractériser la littérature populaire sont le plus souvent l’importance du tirage des textes et leur mode de publication : feuilleton ou collections spécifiques à bon marché. » Nous remercions Jean-Pierre Galvan pour cette précision.
** Cette expression particulièrement péjorative est due au célèbre critique Sainte-Beuve. Il l’employa en 1839, trois ans après la naissance du roman-feuilleton, dans le cadre de la querelle des revues contre les journaux qui se livraient à ces publications.






