Gautier (Théophile). Poésies complètes. Albertus. La comédie de la mort. Poésies diverses. Poésies nouvelles. Paris, Charpentier, 1845, in 12 broché, entièrement non rogné. Catalogue de l’éditeur (12 p.), 370 p. Feuillets brunis, rousseurs éparses, dos gauchi, coutures de trois cahiers détendues, mais l’exemplaire est assez agréable. La couverture, bien que ternie, est en très bon état. Première édition collective, en partie originale. Albertus a subi de nombreuses modifications et 48 poèmes paraissent pour la première fois (Clouzot). 120×183 mm.

130 euros

Peu courant dans cette condition (broché)

On trouve aux pages 313-314 la première parution en librairie du poème vampirique Les taches jaunes, par l’auteur de la très belle Morte amoureuse, en 1836 (voir ici). Ce texte peu connu constitue à notre connaissance la deuxième et dernière* contribution de Gautier au thème du vampire  :

Cependant des meurtrissures / Marbrent mon corps, que n’a pas / Tatoué de ses morsures / Un vampire aux blancs appas. […] / Soulevant de ta main frêle / Le couvercle du cercueil, / Est-ce toi, dis ! Pauvre belle, / Qui, la nuit, franchis mon seuil, […] / Ô mon amour la plus tendre, / De ce ciel où je te crois, / Reviendrais-tu pour me rendre/ Les baisers que tu me dois ?

Ce poème était d’abord paru le 21 juillet 1844 dans L’Artiste, dans une version un peu différente (une strophe de plus et quelques légères variantes).

De La Cafetière, en 1831, où il se montrait inspiré par Hoffmann, à Spirite (1865), sans oublier Le Chevalier double (1840) ou Arria Marcella (1852) dont la lecture rappelle La Fiancée de Corinthe de Goethe, Théophile Gautier se montra toute sa vie attaché au genre fantastique. Il en est l’un des plus grands représentants français du XIXe siècle.

* Selon la presse, l’écrivain achevait au moment de sa mort, en 1872, le livret d’un grand opéra intitulé Le Vampire, mais il pourrait s’agir d’une information erronée ou bien d’une exagération ; « Il en aura peut-être esquissé le scénario » (Théophile Gautier, Correspondance Générale, tome 7, Droz, 1992, p. 79)

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