Lautréamont, Comte de (pseudonyme d’Isidore Ducasse). Les Chants de Maldoror. Paris, Genonceaux, 1890. Un volume broché de 6 ff. (dont frontispice de José Roy et fac similé d’une lettre de l’auteur), XI p., 385 p. et 2 ff. 112×181 mm (entièrement non rogné) Couverture rempliée. Dos incurvé, avec de minuscules manques. Salissures à la couverture. Quelques rousseurs (peu). Petit manque marginal à un feuillet.

1300 euros

Deuxième édition, revue et corrigée d’après le manuscrit original. La première, imprimée en 1869, fut financée à compte d’auteur chez Albert Lacroix. Mais l’éditeur, « continuellement en butte aux persécutions de l’Empire », renonça à la commercialiser, inquiet de « certaines violences de style », du fait que l’auteur peignait la vie « sous des couleurs trop amères » [préface]. Lautréamont, qui n’avait pas fini de payer son éditeur, reçut une dizaine d’exemplaires, dont cinq au moins auraient subsisté. Le reste du stock fut vendu à un autre éditeur, Rozez, qui, selon Genonceaux, attendit quatre ans pour procéder à une remise en vente [1874]. La couverture et le titre furent renouvelés et, comme pour l’originale, le nom de l’éditeur omis. Cependant, le livre ne se vendit pas et la plupart des exemplaires furent remisés dans la cave de Rozez. A partir de 1885, l’œuvre commença peu à peu à sortir de l’ombre grâce aux collaborateurs de La Jeune Belgique : après avoir découvert le stock, ils publièrent en effet un extrait du premier chant et firent connaître l’ouvrage à des écrivains français, dont Huysmans et Bloy. Ce dernier l’évoqua d’ailleurs dès 1886 dans son roman Le Désespéré.

Initialement prévu à 500 exemplaires, puis à 250, le tirage fut limité finalement à 150 exemplaires sur papier vélin du Marais, et 10 sur Japon (notice de la Librairie Pierre Saunier).

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