Benson, Robert-Hugh. Le Maître de la Terre. Roman traduit de l’anglais avec l’autorisation de l’auteur par T. de Wyzewa. Paris, Perrin, 1908. Un volume broché. VII, 418 p., 2 ff. (137×212) mm. Dos incurvé et un peu taché, bords des feuillets roussis, salissures et taches à la couverture. Quelques feuillets tachés sur le haut. Bon exemplaire. Un des dix Hollande, seul grand papier (le N°1).
700 euros
R.-H. Benson (1871-1914), fils d’un primat de l’Eglise d’Angleterre, est ordonné prêtre en 1895. Cependant, il se convertit au catholicisme en 1903, à la suite d’une « crise spirituelle ». Deux ans plus tard, il commence la rédaction de Lord of the World, une dystopie que l’on peut comparer à celles qu’écriront plus tard Aldous Huxley (Le Meilleur des mondes, 1932) et Georges Orwell : « J’ai l’idée d’un livre si vaste que je n’ose y penser. […] L’Antéchrist commence à m’obséder. Si jamais je l’écris, quel livre ce sera ! » (extrait d’une lettre écrite en 1905) Ce roman de science-fiction – d’aventures aussi selon les propres mots de son auteur –, à l’atmosphère pré-apocalyptique, recueillera l’adhésion du Pape François (« Le Maître de la terre est une de mes lectures préférées […] En le lisant, vous comprendrez le drame de la colonisation idéologique ») ainsi que celle de Benoît XVI (« La lecture du Maître de la terre fut pour moi un fait de grande importance »).
Les recherches internet au sujet de ce livre renvoient le plus souvent au milieu catholique, plutôt traditionnaliste, où il est largement évoqué. Le site versdemain.org le commente en ces termes : « Dans ce roman, à la fin du 20ème siècle, les progrès du matérialisme et de la franc-maçonnerie ont réduit la religion chrétienne à une infime minorité en Europe, malgré sa survie en Irlande et dans la ville pontificale de Rome. Mais alors que l’on attendait l’ère de la Paix Universelle, l’Asie menace de déferler sur l’Europe. Au moment où la guerre semble inévitable, Julien Felsenburgh, un jeune sénateur américain du Vermont, convainc soudainement l’Asie de faire la paix, gagnant ainsi une immense popularité mondiale. S’ensuit l’instauration d’un gouvernement mondial (dirigé par Felsenburgh) et de la religion de l’Humanité, excluant comme criminelle toute spiritualité transcendante, et l’Église y subit sa dernière persécution. […] Ce roman est une fresque grandiose de la fin des temps et de la venue de l’Antéchrist. »
Cela étant, Le Maître de la Terre a conquis un public plus large. En témoignent par exemple la chronique du remarquable site destination-armageddon.fr (aujourd’hui disparu), dédié à la science-fiction cataclysmique (« […] la puissance du style et la large vision de Benson, qui atteint par moments au sublime ») et certains autres avis en ligne, par exemple sur le site Babelio.
Les deux frères aînés de l’auteur, Edward Frederic et Arthur Christopher, ont l’un et l’autre publié des œuvres de littérature fantastique. Le premier est en particulier l’auteur de Mrs Amworth (1922) et The Room in the Tower (1912), qui font partie des plus remarquables histoires de vampires anglaises de la première moitié du vingtième siècle.



